r/Poesie • u/Craft2025 • 8h ago
r/Poesie • u/voirlame • 20h ago
L’oiseau des songes rappelle ses morts
Dans ces mémoires, l’oiseau des songes rappelle ses morts.
Ces images venues repeindre mes couloirs ne sont pas d’ici mais elles s’invitent quand même dans ma maison. La décoratrice traverse mes murs comme elle l’entend : je suis son hôte. Ainsi mon âme me vêt chaque jour de ses faveurs et m’incite à les partager afin que tout un chacun sache que la voie de l’âme est accessible à quiconque sera à l’écoute de ses intuitions.
Mais revenons à l’oiseau des songes tout droit venu de l’époque étrusque. On le peignait partout pour bénéficier de la protection de ceux qui avaient habité là avant de rejoindre le nid ; et de génération en génération, les fresques étaient choyées, rénovées ou embellies. Les successeurs romains auront repris ces décors dont le symbolisme tombera dans l’oubli.
Il y a 25 siècles, j’étais par l’âme un de ces étrusques. Rome était une ville en pleine mutation, un vivier pour les artistes, une aubaine pour le compositeur que j’incarnais alors.
r/Poesie • u/Same-Picture2442 • 6h ago
Quatre Coups de Couteaux
Quatre coups de couteaux vous blessent la poitrine,
De long fleuves bordeaux traversent votre torse,
Leurs sources béantes vous enlèvent vos forces,
Le quatrième coup a traversé l'échine.
L'homme responsable vous regarde, accroupi,
Il semble mal en point de vous voir tant souffrir
Il semble lui aussi sur le point de mourir.
Vous le reconnaissez, dans son état croupi
Coupable et victime, le tueur devant vous
Forme un lac morbide avec vos fleuves rouges,
Immobile, étonné, jamais il ne bouge,
Ses vérités cachées sans broncher il avoue.
Tendant sa main tremblante au toucher d'un tiroir,
Le lecteur espère pouvoir sortir indemne
Ne voulant pas savoir où tout cela le mène.
Le lecteur, effaré, se voit dans le miroir.
Alexandre Rativaux
r/Poesie • u/Monimmo7 • 6h ago
Grand écart
Juste un petit brin de lumière, une petite tache au niveau du pôle sud ; un souvenir avant le souvenir ; le souvenir de rien quand il n’y a plus personne pour se souvenir ; et la Terre sera disparue, portée absente au fronton de l’entropie ; l’entropie est le désespoir de l’univers, au niveau planétaire on l’appelle la connerie ; les bleuets et les oursons, les raies et les escargots, l’indigène au dernier fond du dernier recul de la forêt amazonienne n’y peuvent rien si l’espèce dominante est une expérience suicidaire ratée par l’évolution ; alors quel est le principe de cet échec maximal poursuivi ad vitam rayée de la carte des étoiles ? Qui pourrait cracher la métaphysique de l’appendice nommée humanité sans homéostasie automatique, à pencher religieusement sur ses crottes pour terminer ses dernières nucléaires auto-mutilations ? Quel philosophe, qui peut comprendre, dérouler cet écart total entre l’instinct de mort et la beauté du vivant ? Pas moi, mais je bois à la santé du dernier vivant. Moi.
r/Poesie • u/quatrainsix • 2h ago
Au fond de l'allée (à partir d'un tableau)
Au milieu de l’allée
Frappée de douces nuées orange,
Mes yeux enchantés mangent
Ces quelques lueurs ensoleillées.
Les arbres se dressent fièrement,
Touffus et cuivrés, royaux.
Mais de leurs troncs j’extrairai les boyaux,
Prévoyant le retour d’un indésirable manteau blanc.
Leur épaisse chair deviendra d’immenses clôtures,
Protectrices de mes poules contre les renards affamés,
Permettant enfin de multiples pondaisons en lieu sûr.
Je salive à l’anticipation de tant de mets parfumés.
De ma maisonnette, tout au fond, s’échappera
Une délicieuse odeur de champignons, d’oignons
Et de divines soupes chaudes aux potimarrons,
Tandis que mon fidèle matou chassera chaque rat.
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Écriture à partir du tableau Allée en automne - Vincent Van Gogh (1884), où la contrainte d'écriture était assez libre, tant que la production était liée au tableau.

r/Poesie • u/quatrainsix • 4h ago
Les zigzags de la guérison
Un jour de paix, l’espoir m’apparut
Après tant de nuits désertes sans cordage
Auquel me raccrocher. Mes yeux avaient tant plu
Que je paraissais le double de mon âge.
Des regards remplis de douceur et de compassion
Asséchèrent mes pleurs, vaporisèrent mes frissons
D'angoisse, dans ce monde qui retrouvait sa chaleur :
Je parvenais à mon rythme à panser mon cœur.
Les lugubres traces du passé ne s'effaceront jamais.
Même si des fragments douloureux subsisteront,
Les liens tissés me tendront de divins mets,
Nourrissant mon âme en grave dénutrition.
J'apprendrai comment remonter la pente.
J'apprendrai que la guérison n'est pas linéaire.
J'apprendrai comment retrouver mes repères
Auprès de mes pairs, m'extrayant de l'épouvante.
r/Poesie • u/Ambitious-Border-764 • 16h ago
UN VENTO DI OSSIMORI
posizione fetale: ideale per lasciarti
abbracciare da morfeo - in una
sospensione lucente - la mente
assediata da iperboli
grandi come case
e da un vento di ossimori