Honoré Foutredieu, honoré jusqu'alors,
Reçoit votre présence et pourtant s'indigne,
De savoir qu'un pauvre peut se trouver tant digne
De pénétrer chez lui, sans avoir autant d'or.
Honoré Foutredieu, calme jusqu'à présent,
S'énerve vivement dans son for intérieur,
Mais vous laisse rentrer dans sa grande demeure,
Vous dis de vous asseoir, vous offrant un présent.
Honoré Foutredieu, attendant à sa place,
Ordonne tout à coup l'apport du faste repas,
Amené en secret, quand la salle vapa,
Le tout se reflétait dans les immenses glaces.
Honoré Foutredieu, à la fin du dîner,
Vous ordonna d'ouvrir votre fameux présent,
Action exécutée sans force ce faisant,
Et une explosion apparut in fine.
Honoré Foutredieu, resté tant impassible,
Vous regarde, déçu, vous faire réduire en cendres,
Car au premier essai il n'a pu vous descendre,
Vous souffrez maintenant, sans un moment paisible.
Honoré Foutredieu, attendant votre mort,
Sait qu'elle est très proche mais ne sait le temps,
L'explosion s'est éteinte et vous en souffrez tant,
Mais le venin du vin en devient vraiment fort.
Vos veines se bloquent, le sang stagne partout,
Les plaies de l'explosif cessent d'être des fleuves
Rouges, et deviennent du vin les plus grandes veuves,
Vous êtes bien perdus car vous manquez de tout.
Après dix minutes et vingt vomissements,
La faucheuse est venue, vous sauvant de l'enfer,
Laissant au bas monde le plus de vos affaires,
Vous laissant allongé, regardé fermement.
Alexandre Rativaux