r/Poesie • • 6h ago

Quatre Coups de Couteaux

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Quatre coups de couteaux vous blessent la poitrine,

De long fleuves bordeaux traversent votre torse,

Leurs sources béantes vous enlèvent vos forces,

Le quatrième coup a traversé l'échine.

 

L'homme responsable vous regarde, accroupi,

Il semble mal en point de vous voir tant souffrir

Il semble lui aussi sur le point de mourir.

Vous le reconnaissez, dans son état croupi

 

Coupable et victime, le tueur devant vous

Forme un lac morbide avec vos fleuves rouges,

Immobile, étonné, jamais il ne bouge,

Ses vérités cachées sans broncher il avoue.

 

Tendant sa main tremblante au toucher d'un tiroir,

Le lecteur espère pouvoir sortir indemne

Ne voulant pas savoir où tout cela le mène.

Le lecteur, effaré, se voit dans le miroir.

 

                                        Alexandre Rativaux

r/Poesie • • 6h ago

Grand écart

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Juste un petit brin de lumière, une petite tache au niveau du pôle sud ; un souvenir avant le souvenir ; le souvenir de rien quand il n’y a plus personne pour se souvenir ; et la Terre sera disparue, portée absente au fronton de l’entropie ; l’entropie est le désespoir de l’univers, au niveau planétaire on l’appelle la connerie ; les bleuets et les oursons, les raies et les escargots, l’indigène au dernier fond du dernier recul de la forêt amazonienne n’y peuvent rien si l’espèce dominante est une expérience suicidaire ratée par l’évolution ; alors quel est le principe de cet échec maximal poursuivi ad vitam rayée de la carte des étoiles ? Qui pourrait cracher la métaphysique de l’appendice nommée humanité sans homéostasie automatique, à pencher religieusement sur ses crottes pour terminer ses dernières nucléaires auto-mutilations ? Quel philosophe, qui peut comprendre, dérouler cet écart total entre l’instinct de mort et la beauté du vivant ? Pas moi, mais je bois à la santé du dernier vivant. Moi.


r/Poesie • • 8h ago

Mon deuxième poème

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r/Poesie • • 20h ago

L’oiseau des songes rappelle ses morts

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Dans ces mémoires, l’oiseau des songes rappelle ses morts.

Ces images venues repeindre mes couloirs ne sont pas d’ici mais elles s’invitent quand même dans ma maison. La décoratrice traverse mes murs comme elle l’entend : je suis son hôte. Ainsi mon âme me vêt chaque jour de ses faveurs et m’incite à les partager afin que tout un chacun sache que la voie de l’âme est accessible à quiconque sera à l’écoute de ses intuitions.

Mais revenons à l’oiseau des songes tout droit venu de l’époque étrusque. On le peignait partout pour bénéficier de la protection de ceux qui avaient habité là avant de rejoindre le nid ; et de génération en génération, les fresques étaient choyées, rénovées ou embellies. Les successeurs romains auront repris ces décors dont le symbolisme tombera dans l’oubli.

Il y a 25 siècles, j’étais par l’âme un de ces étrusques. Rome était une ville en pleine mutation, un vivier pour les artistes, une aubaine pour le compositeur que j’incarnais alors.