r/Mali • • 2h ago

Un projet edtech solidaire en finale du Concours National d'Innovation Digitale au Burkina Faso : besoin de votre coup de pouce !

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Bonjour à tous,
Je me permets de poster ici pour solliciter la solidarité de la communauté. L'initiative Nexus Learn vient de se qualifier pour la finale de la deuxième édition du Concours National d'Innovation Digitale, un événement majeur organisé par Le Faso Digital au Burkina Faso.
Pour vous expliquer rapidement le projet, Nexus Learn est une plateforme edtech entièrement gratuite pour les utilisateurs. Son objectif est de répondre concrètement au chômage des jeunes en Afrique francophone en combinant trois piliers : une formation en ligne gratuite aux compétences numériques les plus recherchées, une validation des acquis par des projets concrets pour se constituer un portfolio, et une mise en relation directe avec des entreprises qui financent le modèle lors de leurs recrutements.
Le projet en est aujourd'hui au stade de prototype avancé après une phase bêta réussie. Cette finale est une opportunité extraordinaire pour accélérer son déploiement et donner plus de visibilité à l'insertion professionnelle des jeunes de la région.
Le vote du public compte énormément pour la décision finale. Si le projet vous parle et que vous souhaitez soutenir une tech locale, inclusive et axée sur l'impact social, vous pouvez nous attribuer la note de 10/10 sur le site officiel de l'événement. Cela prend littéralement deux clics, c'est gratuit et sans aucune inscription :

https://lefasodigital.net/concours/vitrine/nexus-learn

Un grand merci à tous ceux qui prendront quelques secondes pour voter ou pour partager le lien. Si vous avez des questions sur la plateforme, son fonctionnement ou ses ambitions, n'hésitez pas à les poser en commentaire, je serai ravi d'échanger avec vous !


r/Mali • • 9h ago

LE MOT QUI SE RETOURNE

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Quand le JNIM parle comme la junte

Ces derniers jours, un responsable du JNIM a pris la parole. Il s'appelle Mahmoud Barry, on l'appelle Abou Yahya. Il est le cadi du groupe et un proche d'Amadou Koufa. Il a revendiqué les attaques de Dioura et de Sévaré, et il a contredit l'armée sur les bilans. Jusque-là, rien de nouveau. Mais il a dit autre chose. Il a accusé la junte de trahir le peuple, de vendre nos terres et nos richesses, de faire la guerre avec des mercenaires russes et de bombarder des civils. À l'écouter, on a une drôle d'impression. Retirez son nom et ses prières, et ce discours aurait pu être lu à Koulouba en 2022, contre la France.

Depuis 2021, la junte n'a qu'un mot à la bouche : souveraineté. Elle n'a pas été élue. Elle a dissous les partis. Elle a repoussé les élections jusqu'à la « pacification ». Il ne lui restait que ce mot, alors elle l'a mis partout. Le 14 janvier est devenu la Journée de la souveraineté retrouvée. Barkhane est partie, puis la MINUSMA. Le Mali a quitté la CEDEAO. Et toute l'histoire tenait en deux personnages : l'étranger qui pille, et le Malien « apatride » qui l'aide. Le JNIM a pris cette histoire telle quelle. Il a juste changé les rôles. L'étranger, maintenant, c'est le Russe. Le traître, c'est la junte. L'arme a été fabriquée à Bamako, et la voilà tournée vers Bamako.

Si ça marche, c'est que la junte lui a fourni les preuves. L'Africa Corps est là depuis juin 2025, et personne n'a jamais vu le texte qui l'autorise. Le code minier de 2023 devait nous rendre nos richesses. Ensuite sont venus une raffinerie d'or avec un groupe russe et le lithium de Goulamina avec un groupe chinois, sans que les contrats soient publiés. Les civils tués à Wami et à Ikharabane en août n'ont eu droit à aucune enquête. Le JNIM n'a rien inventé. Il a ramassé ce que la junte avait laissé traîner. Le silence de l'État l'aide aussi. Bamako n'a donné ni bilan de Dioura ni liste de ses morts. Personne n'a enquêté sur les frappes signalées à Guélégui et près de Dandougou. Alors c'est le cadi qui parle des femmes, des enfants et du bétail tués. Il parle même de bombes à sous-munitions, des armes que le Mali s'est engagé à ne pas utiliser en ratifiant la Convention d'Oslo. Ses accusations ne peuvent pas être vérifiées aujourd'hui. Justement : une enquête publique serait la meilleure réponse. Quand l'État se tait, c'est l'adversaire qui raconte l'histoire.

Il ne faut pas pour autant tomber dans le piège de la junte. Le JNIM n'est plus le groupe de 2017 qui avait prêté allégeance à AQMI. Ses chefs sont maliens. Ses combattants sont malinkés, miniankas, soninkés, bambaras, peuls, songhaïs, touaregs. Il parle peul et bambara, et beaucoup arabe aussi, la langue de l'école coranique et de la médersa que tant de Maliens ont fréquentées. Le traiter de « main de l'étranger », c'est perdre d'avance. Ce qu'on peut lui reprocher, ce n'est pas d'où il vient, c'est ce qu'il fait. Son blocus étouffe nos villes depuis le 3 septembre 2025 et prive des Maliens de carburant, de soins et d'école. Il fait payer les villages qu'il dit protéger. Il libère ses otages contre de l'argent, par des intermédiaires étrangers. Et il veut imposer sa charia sans demander l'avis de personne.

Le vrai problème est là. La junte a réduit la souveraineté à une seule question : qui est étranger ? Avec une définition pareille, n'importe quel groupe armé né au Mali peut se dire souverainiste. Cette souveraineté-là n'oblige personne à rendre des comptes. Elle sert seulement à accuser, et une accusation finit toujours par changer de main.

En plus, la junte a fait le vide autour d'elle. Les partis sont dissous, des journalistes ont été condamnés, la société civile est poursuivie, ceux qui critiquent sont traités d'apatrides. Il ne reste donc que deux voix pour parler de souveraineté au Mali : une junte et un groupe armé, deux fusils qui prétendent parler au nom du même peuple. C'est le moment que choisit le cadi pour s'adresser aux cadres, aux techniciens, aux universitaires. Il vise des Maliens instruits, mis à l'écart, sans parti, à qui l'on répète depuis cinq ans que l'amour du pays se mesure à la méfiance envers l'étranger. Ce serait une erreur de croire que personne ne l'écoutera. La junte ne peut même plus répondre avec son mot préféré. Si elle parle de terroristes venus d'ailleurs, on lui montre des combattants nés dans nos cercles, et des Russes à ses côtés. Si elle dit que nos richesses appartiennent au peuple, on lui demande les contrats. Si elle dit qu'elle protège la population, on lui demande les enquêtes. Elle a perdu son propre vocabulaire. Il existe pourtant une souveraineté que personne ne peut voler : celle qui se vérifie. Un vote, des comptes publiés, des accords discutés par des élus, des enquêtes sur nos morts. Le JNIM ne peut pas s'en réclamer. La junte non plus, tant qu'elle n'organise pas d'élections. Elle pourrait au moins commencer par trois gestes simples : publier le texte qui encadre la présence de l'Africa Corps, publier les contrats miniers signés depuis 2023, ouvrir une enquête publique sur les frappes du Macina et sur les pertes de Dioura. Rien de cela n'affaiblit l'armée. Tout cela coupe l'herbe sous le pied du JNIM.

Un mot vidé de son sens ne reste pas vide longtemps. Quelqu'un finit toujours par le remplir. Le cadi du JNIM n'a rien inventé, il a ramassé un mot que plus personne ne tenait. Pour le reprendre, il n'y a qu'un moyen : le rendre à ceux qui votent.

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r/Mali • • 14h ago

Mali telima

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Pour faciliter la vente


r/Mali • • 2d ago

Sambou Sissoko

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Le Maroc et l’Algérie se disputent notre accès à la mer, et nous avons payé avant de négocier.

Deux voisins nous font la cour. Le Maroc nous propose la mer par le port de Dakhla. L’Algérie nous propose la sienne par le port de Djen Djen. Le 28 avril 2025, à Rabat, nos ministres et ceux du Burkina Faso et du Niger ont dit oui au projet marocain. Le 21 avril 2026, le ministre algérien Ahmed Attaf a présenté Djen Djen comme la porte du Sahel. Depuis, Bamako avance avec les deux. Être courtisé peut rapporter gros, à condition de savoir se faire payer. Sinon, c’est un piège. Je crains que nous n'y soyons tombés.

Commençons par Rabat. Le 10 avril 2026, Nasser Bourita était à Bamako. Ce jour-là, Abdoulaye Diop a annoncé que le Mali retirait sa reconnaissance de la République sahraouie, accordée en 1980. Il a ajouté qu’une autonomie du Sahara « sous souveraineté marocaine » était « la solution la plus réaliste ». Le 24 juillet, toujours à Bamako, la Grande Commission mixte maroco-malienne a confirmé cette position. Vingt et un accords ont été signés ce jour-là.

Passons à Alger. Deux semaines plus tôt, le 10 juillet, nous avions fait la paix avec l’Algérie. Les ambassadeurs sont rentrés, les espaces aériens ont été rouverts. Le 24 août, notre Premier ministre est allé à Alger. Le 14 septembre, nous avons reçu le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb. En quelques mois, nous avons donné à chacun ce que l’autre déteste le plus : à Rabat, notre voix sur le Sahara ; à Alger, notre retour sans conditions. Personne ne nous a expliqué comment les deux tiennent ensemble.

Regardez la Mauritanie. Elle reconnaît la République sahraouie depuis 1984 et ne l’a jamais retirée. Elle dit rester neutre. Le Maroc a besoin de son territoire pour aller à Dakhla. L’Algérie tient à sa neutralité. Alors les deux la ménagent. Nouakchott garde sa carte en main. Sa géographie l’aide, bien sûr, mais c’est surtout cette constance qu’on respecte. Nous, nous avons payé d’avance. Retirer une reconnaissance, c’est une carte qui ne se joue qu’une fois. Qu’avons-nous reçu en échange ? Un port qui ne sera pas prêt avant 2028 ou 2029. Des projets à lancer « progressivement ». Vingt et un accords dont personne n’a vu le contenu. La fin du visa électronique pour aller au Maroc. Je ne crache pas dessus. Mais le compte n’y est pas. Et aucun texte public ne dit combien, quand, ni qui paie.

Avec Alger, l’histoire se répète autrement. En juillet, c’est l’Algérie qui a fait le premier pas. Nous pouvions donc poser nos conditions. Nous ne l’avons pas fait. Rien sur notre drone abattu en avril 2025. Rien sur notre plainte devant la Cour internationale de justice. Alger avait refusé d’y répondre en septembre 2025. En juillet, c’était le moment de lui demander d’accepter la Cour. Personne ne l’a demandé. Rien sur le comité militaire commun de Tamanrasset. Nos griefs sont partis au tiroir. Et un grief qu’on range sans rien obtenir, on ne peut plus le mettre sur la table l’année suivante.

Il y a plus grave. Aucune de ces deux routes ne dépend de nous seuls. Pour aller à Dakhla, il faut traverser la Mauritanie, avec qui nous sommes en froid depuis l’été à cause de Mauritaniens détenus au Mali sans explication publique. Et la route fait près du double de Bamako-Dakar. Pour aller à Djen Djen, il faut passer par le Nord. L’armée n’est revenue à Kidal que le 6 octobre, après plus de cinq mois d’absence. Reprendre une ville ne veut pas dire tenir la route. Pendant ce temps, notre carburant et nos marchandises arrivent toujours par Dakar et par Abidjan. Le transit par Abidjan vers le Mali a même grimpé de 76,4 % en 2025. On nous promet des routes que nous ne tenons pas. Celles que nous prenons tous les jours, personne ne nous les promet.

Alors pourquoi tant d’attention ? Pas pour notre commerce. En 2024, nos échanges avec l’Algérie n’ont pas dépassé 7,6 millions de dollars. Le Maroc, lui, nous a vendu pour 172 millions. Rabat veut des voix africaines sur le Sahara. Alger veut garder la main sur sa frontière sud. Le Mali est le terrain où les deux se mesurent. Et sur un terrain de football, ce n’est jamais la pelouse qui gagne.

La prochaine étape est déjà annoncée. Assimi Goïta a accepté d’aller à Alger, sans date fixée. Le Premier ministre algérien est venu le redire à Bamako le 14 septembre. Entre-temps, l’armée est rentrée à Kidal sans combattre. Certains y voient la main d’Alger. Rien ne le prouve. Mais si c’est vrai, la facture viendra avec l’invitation. Que pourrait demander Alger ? Un rôle de médiateur dans tout règlement au Nord. Une frontière fermée aux amis de Rabat et de Benghazi. Une place pour Sonatrach dans le bassin de Taoudéni. Et peut-être un mot plus prudent sur le Sahara. Ce dernier point, nous ne pouvons pas le donner sans reprendre ce que nous avons dit à Rabat le 10 avril.

Et s’il n’y allait pas ? Le refus aussi aurait un prix. Une invitation acceptée puis laissée sans date finit par devenir une offense. Alger ne ferait pas de bruit, elle ralentirait. Le dialogue sur le Nord se ferait sans nous, et les groupes repliés vers la frontière n’y trouveraient pas plus d’obstacles qu’hier. Alger lirait surtout ce refus comme un choix pour Rabat. Nous serions alors enfermés dans un camp, nous qui disons frapper à toutes les portes. Aller à Alger sans savoir ce qu’on demande, c’est payer. Ne pas y aller, c’est payer aussi. La seule façon de ne pas payer deux fois, c’est de partir avec des demandes écrites et de dire au retour ce qui a été obtenu.

Reste le grand oublié : le citoyen malien. Une reconnaissance vieille de 45 ans a été annulée par une déclaration lue devant la presse. On nous parle d’une « analyse approfondie ». Personne ne l’a lue. Le retour vers Alger n’a été expliqué nulle part. Le CNT n’en a pas débattu. Le Malien apprend la politique étrangère de son pays dans les journaux de Rabat et d’Alger. Or une position que son propre peuple ignore ne pèse pas lourd. En face, on sait qu’elle peut changer demain. Je ne dis pas qu’il faut choisir un camp. Un pays sans mer doit frapper à toutes les portes. Parler à Rabat et à Alger, c’est normal. Nous l’avons déjà fait, et mieux que personne. Les 29 et 30 octobre 1963, à Bamako, Modibo Keïta et l’empereur Haïlé Sélassié ont réuni Ben Bella et Hassan II pour arrêter la guerre des Sables. Ce jour-là, le Mali était l’arbitre. Soixante-trois ans plus tard, il est l’enjeu. Avoir plusieurs amis n’est pas le problème. Le problème, c’est qu’on ne sait pas où l’on va. Trois gestes suffiraient. Publier l’analyse qui a mené au 10 avril et la présenter au CNT. Dire franchement, à Alger comme aux Maliens, si cette position tient toujours. Et mettre des chiffres sur les deux routes avant d’aller plus loin : distance, coût, sécurité, financement, délais, part des entreprises maliennes.

On négocie avant de donner. Nous avons donné d’abord. Notre reconnaissance à Rabat. Nos griefs à Alger. Notre silence aux Maliens. Il nous reste deux promesses de port. L’un sur une côte que nous venons de déclarer marocaine. L’autre au bout d’une route que nous commençons à peine à reprendre. Et pour l’instant, pas un mètre de quai.

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r/Mali • • 4d ago

LA PAIX N'A JAMAIS EU DE LIGNE BUDGÉTAIRE

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De 1964 à 2026, le Mali trouve l'argent pour la guerre, jamais pour la paix

En 1994, deux ans après le Pacte national, un seul chiffre suffit : 640. C'est le nombre d'anciens combattants des mouvements du Nord vraiment entrés dans l'armée et les forces de sécurité. Le Pacte promettait bien plus : une nouvelle organisation du territoire, le retour des réfugiés, le développement, une enquête indépendante, une place pour des milliers de combattants et de cadres. La décision avait été signée, et même fêtée. Il manquait l'argent.

L'habitude est ancienne. En septembre 1964, la première rébellion de Kidal s'arrête sur une promesse orale : posez les armes, vous aurez la vie sauve. Rien pour les veuves, les orphelins ou le bétail abattu. En 1990, avant Tamanrasset, Moussa Traoré accepte une autre voie : recenser les victimes civiles, présenter des excuses, dédommager. Son régime tombe trois mois après la signature de janvier 1991. Le recensement n'a jamais eu lieu. Les dédommagements n'ont jamais été versés. Dès le début, la réparation est une parole, pas une dépense.

Le contexte pèse, sans tout excuser. Le Pacte est signé le 11 avril 1992 par la transition. Le président élu quelques semaines plus tard doit appliquer un texte qu'il n'a pas négocié, avec des délais intenables et des caisses vides. Les partenaires qui ont poussé à la signature ne versent pas ce qu'ils ont promis. En janvier 1994, le franc CFA perd la moitié de sa valeur. Sous ajustement structurel, chaque emploi public doit être justifié devant les créanciers.

En avril 1994, à Tamanrasset, on parle enfin chiffres. Les mouvements demandent l'intégration de 2 360 combattants et de 300 cadres dans la fonction publique. Le gouvernement propose 1 000 et 120. Tout se passe à huis clos, et la presse de Bamako récupère les documents sous le manteau. Deux ans après le Pacte, aucun arrêté d'intégration de cadre n'est signé.

Puis le gouvernement annonce de nouvelles intégrations. La centrale syndicale s'y oppose : comment recruter d'anciens rebelles quand on gèle les salaires et qu'on réduit le nombre de fonctionnaires ? La colère se comprend. Le gouvernement recule, les intégrations s'arrêtent. Les 640 font à peine les deux tiers de ce que l'État proposait lui-même. Ce jour-là, la paix a été jugée trop chère.

La même année, une autre dépense passe sans bruit. L'armée déployée à Gao et à Tombouctou réclame du matériel et des moyens. Personne ne parle d'ajustement structurel, ni le gouvernement, ni les partis, ni les bailleurs. La France aide même à réorganiser le commandement. Même pays, même année, même déficit : pour la guerre, l'argent existe.

Le Pacte prévoyait pourtant l'allègement progressif des troupes dans le Nord et le départ des camps hors des villes et des pâturages. L'État a fait l'inverse. Un deuxième camp à Kidal, au sud, le seul côté où la ville pouvait grandir. Des postes à Anefif, Aguelhok, Tessalit, Abeïbara, Ménaka. Le camp de Tombouctou maintenu en pleine ville. Pour une caserne, on trouve toujours un terrain, un entrepreneur et un crédit.

Plus grave encore : la paix avait ses comptes. En 1992, des ordonnances créent un fonds d'assistance et d'indemnisation et un fonds de développement et de réinsertion. Deux ans plus tard, ils n'ont pas reçu un franc. La commission d'évaluation des dommages, censée remplacer l'enquête indépendante, n'est jamais créée. La commission paritaire avec les bailleurs, née en février 1993, ne se réunit qu'une fois, pour sa propre création. En mars 1997, une loi d'amnistie ferme le dossier. Réparer coûtait cher, amnistier ne coûtait rien. L'État a pris la solution gratuite. Les victimes ont payé la différence.

La facture est vite arrivée. Les combattants sans salaire reprennent les armes ou partent dans les trafics. Les mouvements se déchirent. Une milice sédentaire naît de la peur et se met à tuer. L'armée frappe de nouveau les civils nomades : Amnesty International compte au moins 130 exécutions sans jugement entre avril et l'été 1994. Dans les régions de Tombouctou et de Gao, les morts se comptent par centaines, dans toutes les communautés. Pour économiser quelques recrutements, on a perdu des vies, des villages et une confiance qui manque encore aujourd'hui.

En mars 1996, les armes brûlent à Tombouctou. Mais ce retour à la paix repose surtout sur des programmes de réinsertion payés par l'étranger. L'État a ensuite versé les salaires de ceux entrés dans ses rangs. Le chemin pour y arriver, il ne l'a jamais financé. Les fonds de 1992 sont restés vides. La réconciliation n'a jamais été une dépense de souveraineté.

En 2006, même scénario, en plus court. Après l'insurrection du 23 mai à Kidal, l'accord d'Alger du 4 juillet promet un programme spécial pour la région. Il est vite étendu aux trois régions du Nord, avec la même enveloppe. Et on y inscrit des casernes. Même l'argent annoncé pour la paix finit en béton militaire.

En 2015, encore. L'Accord pour la paix et la réconciliation bute sur les mêmes disputes qu'à Tamanrasset vingt et un ans plus tôt : les quotas, les grades, l'argent. Le désarmement et l'intégration traînent. Le budget de la défense, lui, monte chaque année. Dès le début de 2015, une loi de programmation militaire prévoit plus de 1 230 milliards de FCFA sur cinq ans. Aucune loi n'a jamais chiffré la paix. Le Fonds pour le développement durable, créé en 2018, finance des projets, pas le passage d'un combattant vers la vie civile ou l'uniforme. En janvier 2024, la junte met fin à l'Accord, et avec lui au seul cadre qui permettait à un homme armé de rejoindre l'État. La Charte de 2025 pose des principes, mais ne dit rien du désarmement, de l'intégration ni du calendrier. Rien n'a pris la place de l'Accord.

Les chiffres de 2026 sont clairs. Au 30 juin, l'État a dépensé environ 314 milliards de FCFA pour la Défense et les Anciens combattants, et près de 95 milliards pour la Sécurité et la Protection civile. Cela fait autour de 410 milliards en six mois, soit 27 francs sur 100 dépensés. Dans le même temps, l'ensemble des dépenses n'atteint que 43,63 % de ce qui était prévu. La guerre passe d'abord. Aucun grand chiffre publié ne parle de réintégration ou de retour. Le ministère chargé de la réconciliation a bien son budget, mais personne ne le met à côté des 410 milliards.

On peut cacher le détail d'un budget, pas sa taille. Les discours parlent de dialogue, les chartes d'unité nationale. La loi de finances, elle, dit les vraies priorités, et elles n'ont pas changé en soixante ans. Reprendre le terrain est une dépense qu'on vote. Réintégrer et réparer est une faveur qu'on discute, qu'on repousse, puis qu'on efface par une amnistie. Le combattant retient la leçon : tant qu'il a une arme, on lui parle ; quand il la pose, il n'y a plus personne en face.

Je ne dis pas qu'il faut payer les rebelles. Je ne dis pas que le soldat malien n'a pas besoin d'équipement. Je dis qu'une armée sans solution politique combat toujours les mêmes hommes, puis leurs enfants. L'argent refusé à la paix revient, plus lourd, dans le budget de la guerre suivante.

Pour toute négociation à venir, avec qui que ce soit, la règle devrait être simple : pas d'accord sans son budget, publié le même jour. Combien pour l'intégration et la réinsertion ? Combien pour réparer les victimes civiles, de toutes les communautés ? Quand l'argent sera-t-il versé ? Quelle part paie l'État malien lui-même ? Quels fonds seront réellement alimentés, et pas seulement créés ? Cette ligne doit être votée, publiée et contrôlée par les juges des comptes. Un accord sans budget n'est qu'une promesse. Un budget sans accord, c'est une économie de guerre.

Les 640 de 1994 ne prouvent pas l'échec de la paix. Ils mesurent ce que l'État a bien voulu lui donner. En 1992, la paix avait ses fonds. Trente-quatre ans plus tard, la ligne est toujours vide. Une paix qu'on ne finance pas n'est pas une paix reportée. C'est une guerre déjà prévue.

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r/Mali • • 4d ago

MALI 🇲🇱

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Inafarak

Le dépôt de carburant qui servait à ravitailler les terroristes à Inafarak a été anéanti.🚀🚀🚀


r/Mali • • 5d ago

Looking for someone to teach me Bambara in English

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Hi everyone! I’m an English speaker hoping to learn Bambara, and I’m looking for someone who can teach me one-on-one online.

I’m a complete beginner and would like to meet once a week. I’m in the US Eastern time zone, and I need someone comfortable explaining things in English.

I’m familiar with An Ka Taa, but I’d really like individual lessons with a teacher. Does anyone know someone they would recommend? I’m happy to pay for their time.

Thanks for any suggestions!


r/Mali • • 5d ago

MALI 🇲🇱

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Inafarak

Le dépôt de carburant qui servait à ravitailler les terroristes à Inafarak a été anéanti.🚀🚀🚀


r/Mali • • 5d ago

Our Kidal little Hero on ORTM

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r/Mali • • 7d ago

Situation à Kidal avec Sidi Elmehdi Ag Albaka témoin acteur et otage a kidal lors de l’attaque du 25 avril.

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Sidi Elmehdi Ag Albaka témoin acteur et otage a kidal lors de l’attaque du 25 avril.


r/Mali • • 7d ago

Bon retour chez toi Sidi

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r/Mali • • 8d ago

Nous ne t’oublierons jamais mon Général

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r/Mali • • 8d ago

General Do you guys think there has been meaningful improvement in Mali's living standards and economy in the past 20 years? if so, how?

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Hi, I'm an Algerian who's interested in development economics, especially in north africa and the sahel and i'm looking forward to hearing from people who live in Mali about the economic situation there and how has it changed in the past 20 years


r/Mali • • 8d ago

Nous retrouvons notre petit héros Kidalois

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Le petit héros, symbole de la résistance malienne à Kidal, est désormais aux côtés de son armée.
Aidons ce héros et sa famille.


r/Mali • • 8d ago

Connaissez-vous des producteurs ou fournisseurs qui veulent exporter ?

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Bonjour 😊,

On développe Jago, une plateforme pour faciliter l’achat de produits africains en gros. www.hijago.com

Connaissez-vous des producteurs ou des marques en Côte d’Ivoire ou au Mali qui vendent aux professionnels ? Ou êtes-vous vous-même fournisseur ?

Ce serait top d’échanger et de découvrir les produits. Merci


r/Mali • • 8d ago

Mali: le FLA se retire de Kidal et laisse le champ libre à l'armée

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rfi.fr
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r/Mali • • 10d ago

deux ans de prison ferme

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https://www.rfi.fr/fr/afrique/20261005-mali-proc%C3%A8s-en-appel-du-journaliste-youssouf-sissoko

Au Mali, la cour d'appel de Bamako doit examiner ce lundi 5 octobre 2026 le cas du journaliste Youssouf Sissoko. Le directeur de L'Alternance a été condamné en mars à deux ans de prison ferme et un million de FCFA d'amende, pour avoir publié un article mettant en doute des déclarations du président nigérien Abdourahamane Tiani. Les militaires putschistes qui se maintiennent au pouvoir sans élections au Mali, au Niger et au Burkina sont alliés au sein de l'AES. La justice malienne avait jugé le journaliste coupable d'« atteinte au crédit de l'État », « offense à un chef d'État étranger » et de « diffusion de fausses informations ».

La liste s'allonge

Depuis, l'aéroport de Niamey a subi une nouvelle attaque jihadiste, en juin, cette fois menée par le Jnim, lié à al-Qaïda. Une mutinerie de soldats a également éclaté fin août dans la capitale nigérienne. Ce qui a donné lieu à de nouvelles accusations de complot international, Tiani ajoutant la Mauritanie, l'Europe et l'Ukraine, et un capitaine nigérien le Tchad et la Cédéao à la liste.


r/Mali • • 10d ago

Mamadou lamine Diallo

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🏆⚽ TOURNOI DE BUREAU DE LA JEUNESSE DE TAMOUYAH
Quand la jeunesse se rassemble, le talent s’exprime et l’avenir se construit ! 🇬🇳🔥
Le Tournoi de Bureau de la Jeunesse de Tamouyah, avec le soutien et l’accompagnement de son sponsor, Yaourt Badiar, est bien plus qu’une simple compétition sportive.
C’est un magnifique rendez-vous placé sous le signe de la jeunesse, du sport, de la fraternité et de la solidarité. ⚽🤝
À travers cette initiative, Yaourt Badiar est fier de contribuer à la promotion du sport et à l’épanouissement de notre jeunesse. Parce que soutenir la jeunesse, c’est investir dans l’avenir de notre communauté.
👏 Un grand bravo aux organisateurs, aux joueurs, aux supporters et à tous ceux qui participent à la réussite de ce beau tournoi.
🥛 Yaourt Badiar — le goût qui rassemble, le partenaire de notre jeunesse !
Tamouyah en avant ! 🇬🇳
Notre jeunesse, notre force ! 💪⚽


r/Mali • • 12d ago

Help with song name translation

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Hey! I recently found a song titled Marabayasa by Rail Band and I'm not sure what language it's in or what the title means. Does anyone know what marabayasa means and what language it's in? I have found a traditional dance titled moribayassa but I'm not sure if that's what the song is referring to.

Song link:

https://youtu.be/gjAFzJK33g0?si=30s7fEA7Jzc9jlty


r/Mali • • 13d ago

TAFOUK TV

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r/Mali • • 15d ago

General After Mali beat Cape Verde are the vibes in the country different?

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Mali usually has a good soccer team in africa and the atmosphere in the stadium felt different. Are Malians more invested in the team and is there growing optimism that they can make the 2030 world cup. Do they finally have what they were missing in previous world cup qualifying cycles?


r/Mali • • 18d ago

«Rien ne peut justifier qu’on inflige un tel niveau de douleur à des enfants» : au Mali, une campagne prônant l’excision embrase les réseaux sociaux

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r/Mali • • 18d ago

Deconstruction du mythe des 12 prétendues frappes de drones.

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12 frappes documentées. Des victimes civiles alléguées. Des accusations visant la chaîne de commandement. Puis des recommandations de sanctions et de restrictions à l’exportation.

Mais une question traverse toute cette enquête :

COMMENT PASSE-T-ON DE LA FRAPPE À LA RESPONSABILITÉ… PUIS DE LA RESPONSABILITÉ AUX SANCTIONS ?

Dans ce nouvel épisode de BAZ DÉCRYPTE, nous revenons sur l’enquête publiée en septembre 2026 par The Sentry, ainsi que sur le travail de géolocalisation réalisé par Bellingcat autour des frappes aériennes au Mali.

Notre méthode est simple :

ILS DISENT → ON AFFICHE → ON LIT → ON VÉRIFIE → ON COMPARE → ON IDENTIFIE CE QUE LA PREUVE PERMET… ET CE QU’ELLE NE PERMET PAS.

Au cœur de cette contre-enquête :

Que prouvent réellement les images satellite ?
Que signifie réellement « plus d’une douzaine de frappes » face à l’ampleur globale des opérations aériennes ?
Comment les témoignages ont-ils été recueillis et recoupés ?
Que peut-on établir concernant le statut des personnes tuées ?
Comment passe-t-on d'une frappe documentée à l'identification d'un responsable ?
Que dit exactement The Sentry sur la chaîne de commandement ?
Pourquoi le rapport recommande-t-il des sanctions contre certains responsables maliens ?
Pourquoi recommande-t-il également à l’Ukraine, au Canada et à d’autres États de revoir certaines licences d’exportation vers Baykar ?
Quel rôle joue la chaîne d’approvisionnement des drones dans cette stratégie ?
Et surtout : où s’arrête le fait établi et où commence l’interprétation ?

Nous examinerons les documents, les extraits, les chiffres, les images et les recommandations sans demander au spectateur de nous croire sur parole.

Parce qu'une image peut localiser une frappe.

Un témoignage peut raconter ce qu'une personne affirme avoir vu.

Une enquête peut établir un faisceau d'éléments.

Mais entre « une frappe a eu lieu », « des civils ont été tués », « tel acteur connaissait leur présence », « tel responsable a approuvé la frappe » et « telle sanction doit être appliquée », il existe une chaîne de preuves qu'il faut examiner étape par étape.

C'est cette chaîne que nous allons mettre sous la loupe.

BAZ DÉCRYPTE

L’actualité africaine décryptée avec Baz.


r/Mali • • 19d ago

Anime dub clip with Bambara subs

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youtu.be
4 Upvotes

Enjoy!💙


r/Mali • • 20d ago

Old Bambara proverbs

5 Upvotes

Bonjour a touts,

I wonder if anyone would be able to help me find resources on old Bamanankan proverbs. Ideally I would be interested in concepts and sayings that would have been used in the 17th century.

Merci!