Bonjour la team,
Dsl pour le titre piquant, mais j'ai besoin de raler ...
Ceci est un gros coup de gueule contre notre gouvernement, l’Europe et nos très chers « amis » allemands 🙃
Ça fait maintenant plusieurs années que je suis pas mal l’actualité économique, industrielle, militaire et spatiale en Europe et franchement j’en ai ras la cacahuète de voir toujours le même scénario :
La France pense Europe.
L’Allemagne pense Allemagne.
Et nous, comme des cons, on continue à appeler ça le « couple franco-allemand ».
Je vais être clair : je ne reproche même pas à l’Allemagne de défendre ses intérêts.
Je lui reproche de vouloir nous niquer industriellement ?
Oui.
Mais surtout, je reproche à NOS gouvernements de la laisser faire.
Prenez le spatial.
En 2025, l’Allemagne a mis environ 5,1 milliards d’euros dans les programmes de l’ESA, soit autour de 23 % des contributions.
Et certains vont répondre :
« Bah c’est super, ils financent l’Europe ! »
Oui oui 😂
Sauf qu’il y a un petit truc qui s’appelle le retour géographique.
En gros, quand un État met énormément d’argent dans les programmes de l’ESA, il y a derrière toute une logique pour que ces investissements génèrent des contrats, de l’activité industrielle, des emplois et du savoir-faire dans le pays contributeur.
Et les Allemands ne s’en cachent absolument pas.
Le DLR allemand explique lui-même qu’ils se sont positionnés de manière ciblée sur les programmes de l’ESA et qu’ils ont obtenu ou conservé le leadership sur plusieurs d’entre eux pour que les missions soient réalisées sous leadership industriel et scientifique allemand.
Au moins eux sont honnêtes 😂
Ils mettent les milliards.
Ils récupèrent des contrats.
Ils développent leurs boîtes.
Ils attirent les ingénieurs.
Ils font grossir leur écosystème spatial.
Ils récupèrent de la compétence et de la techno.
Et petit à petit le centre de gravité du spatial européen se déplace.
Pendant ce temps la France, historiquement énorme dans le spatial européen avec le CNES, Ariane, Kourou, Aérospatiale, Safran, Thales, ArianeGroup et des décennies de savoir-faire, continue à nous parler avant tout de « réussite européenne ».
Ça résume parfaitement le problème.
L’Allemagne utilise l’Europe comme multiplicateur de sa puissance nationale.
La France utilise sa puissance nationale comme contribution à l’Europe.
C’est absolument pas la même chose.
Et maintenant parlons d’AIRBUS.
Parce que pour moi Airbus est probablement le symbole ultime de cette naïveté française.
Alors oui, avant que quelqu’un vienne me faire le petit cours Wikipédia :
JE SAIS qu’Airbus n’a jamais été une entreprise 100 % française.
Je sais qu’EADS a été créé en 2000 avec la fusion du français Aérospatiale-Matra, de l’allemand DASA et de l’espagnol CASA.
Justement.
C’est précisément mon problème.
La France avait Aérospatiale, une industrie aéronautique et spatiale monstrueuse, et on a accepté de mettre tout ça dans une grande construction européenne en se disant qu’on allait créer un champion commun.
25 ans plus tard, regardez tranquillement où va le pouvoir.
Aujourd’hui le patron du groupe Airbus est encore français : Guillaume Faury.
Très bien.
Mais depuis janvier 2026, qui dirige Airbus Commercial, c’est-à-dire le cœur du business Airbus ?
Lars Wagner. Allemand.
Qui dirige Airbus Defence and Space ?
Michael Schoellhorn. Allemand.
Le CFO du groupe ?
Thomas Toepfer. Allemand.
Et surtout, Reuters expliquait début octobre que Lars Wagner est considéré comme le favori pour succéder à Guillaume Faury lorsque la succession du CEO sera décidée.
Donc demain, on pourrait très sérieusement se retrouver avec un Allemand à la tête du groupe Airbus après qu’un Allemand a déjà pris les commandes d’Airbus Commercial.
Mais surtout ne vous inquiétez pas :
« C’est européen » 😂
Alors non, Airbus n’est pas « allemand » aujourd’hui.
La France et l’Allemagne ont encore chacune environ 10,8 % du capital via leurs participations publiques.
Toulouse reste évidemment un centre industriel énorme et Airbus vient même encore d’y ouvrir une nouvelle ligne d’assemblage A320.
Je vais pas raconter de la merde juste pour faire rentrer les faits dans mon discours.
Mais justement : c’est maintenant qu’il faut regarder où ça va.
Parce que lorsqu’un Allemand dirige le commercial, un autre Allemand Defence & Space, un autre les finances, et que le patron allemand du commercial est présenté comme potentiel prochain CEO du groupe, désolé mais MOI ça commence sérieusement à me faire tiquer.
On a fusionné notre champion avec les Allemands au nom de l’Europe.
Et 25 ans après on risque tranquillement de regarder le centre décisionnel se germaniser en nous expliquant que les nationalités n’ont plus aucune importance.
Bah voyons.
Et c’est exactement la même histoire avec le SCAF.
On nous vend le futur avion de combat franco-allemand comme le symbole de la souveraineté militaire européenne.
Dassault arrive avec le Rafale, le Mirage, des décennies d’expérience dans les avions de combat.
Et pendant des années on se bat avec Airbus et Berlin sur le leadership, le partage industriel, la propriété intellectuelle, les technologies…
Pendant ce temps ?
L’Allemagne commande 35 F-35 américains pour environ 10 milliards d’euros.
La souveraineté européenne livrée par Lockheed Martin 😂
Et quand le SCAF se casse la gueule, Airbus commence à regarder Saab pendant que Berlin discute potentiellement avec les Britanniques, Italiens et Japonais autour du GCAP.
Donc encore une fois :
Quand le projet européen sert l’Allemagne : EUROPE 🇪🇺❤️
Quand il ne la sert plus :
« Bon les gars on va regarder ailleurs bisous »
😂
Et encore une fois, presque envie de dire : ILS ONT RAISON.
Ils défendent leurs intérêts.
Le problème c’est nous.
Même délire avec l’énergie.
La France possède l’un des plus gros avantages stratégiques européens avec son nucléaire.
Électricité largement décarbonée, filière industrielle complète, savoir-faire historique.
Et qui retrouve-t-on pendant des années parmi les principaux pays qui se battent contre une reconnaissance plus importante du nucléaire dans les politiques énergétiques européennes ?
L’Allemagne.
Parce que l’Allemagne défend SON modèle énergétique.
Encore une fois, c’est logique.
Alors pourquoi nous on devrait diluer le nôtre pour préserver éternellement un compromis franco-allemand qui fonctionne surtout quand les intérêts allemands sont respectés ?
Et évidemment on arrive à Ursula von der Leyen.
Ancienne ministre allemande.
CDU.
Des décennies dans la politique allemande.
Puis présidente de la Commission européenne.
Alors oui oui, je connais le discours :
« Une commissaire européenne ne représente pas son pays, elle représente l’intérêt général de l’Union 🤓 »
D’accord.
Sur le papier.
Moi personnellement, quand je regarde l’évolution du rapport de force économique européen, la manière dont l’industrie allemande utilise les structures européennes et la trajectoire de certains dossiers stratégiques, je considère clairement que von der Leyen sert beaucoup mieux la vision allemande de l’Europe que les intérêts français.
C’est mon avis.
On pourra me sortir tous les traités européens qu’on veut, ça ne changera pas mon constat.
Parce qu’au final c’est toujours pareil :
Quand les intérêts français et européens sont alignés, la France joue européen.
Quand les intérêts allemands et européens sont alignés, l’Allemagne joue européen.
Mais quand les intérêts allemands divergent ?
L’Allemagne joue Allemagne.
Et c’est là toute la différence.
Donc oui, j’en ai marre de ce mythe du magnifique couple franco-allemand où tout le monde serait main dans la main pour construire l’Europe.
L’Allemagne n’est pas notre meilleur pote.
C’est un partenaire.
Et c’est aussi notre plus gros concurrent industriel en Europe.
Quand nos intérêts convergent : travaillons ensemble.
Quand ils divergent : défendons les nôtres BORDEL.
Exactement comme eux.
Je ne demande même pas qu’on « attaque » l’Allemagne.
Je demande qu’on commence enfin à jouer au même jeu.
Parce que si Berlin utilise l’UE, l’ESA et les grands programmes européens pour renforcer son industrie, attirer les entreprises, les cerveaux, les contrats et les technologies...
Ils auraient tort de s’en priver.
Les abrutis dans l’histoire, c’est nous si on continue à les regarder faire en chantant l’Ode à la joie.
La France pense Europe.
L’Allemagne pense Allemagne.
Il serait peut-être temps que la France recommence à penser un peu France. 🇫🇷
Fin du coup de gueule 😂
DSL pour le roman
PS : Pour ceux qui débattent de l’utilisation de l’IA : oui, ChatGPT m’a corrigé, mais les idées sont bien de moi 😅 Je suis juste nul en orthographe, à mon grand désespoir.